echos

Un paysage sonore réalisé dans le cadre de l’exposition « l’art se manifeste entre les murs », été 2010, à l’Atelier, lieu d’art visuel, Apt (84).

« Entrer dans la zone de son, se laisser happer par la boucle.
Au hasard, ça commence avec un bruit de voitures et derrière en fond une masse qui bruisse, asphalte mouillée, crépitements et souffle. Je reconnais, je crois que je reconnais cet ailleurs. Ca traverse la pièce, ça me traverse la tête.
Silence.
La rumeur de voix au loin pose une profondeur inédite. Une basse puissante, quelques pulsations, stop. Ces voix sont des étincelles d’enfants qui jouent. A nouveau le bruit machinal d’une grosse cylindrée qui fait son blues. Comment chasser et capturer le son ?

Deux flèches au sol indiquent un point au centre, je m’y tiens immobile. Autour de ma tête, tout se déplace, talons qui claquent, véhicules à moteur passent dans une trajectoire rectiligne et ses voix au timbre familier s’échappent, d’un mur à l’autre.

Sample de cliquetis de clés, percussions de pelles, difficile de nommer puis transition vers l’humain. La salle s’emplie de monde, les voix de tout le monde, une phrase, une bribe de mots se détache. Le son est en train de migrer dans la pièce je vais le suivre. Portière qui claque, j’y vais.
Changement de décor, j’écoute dedans en regardant dehors.
Petits bruits de rien, chaîne de vélo, je tente d’identifier cette matière comme un objet oublié, que l’on tâte au fond de sa poche.
Une voix scande des mots empruntés à d’autres rues. L’orage s’abat sur les mots des autres, au pied du mur. La pluie aura raison de tous ces mots.

Déplacement d’air, déplacement de la zone d’écoute, déplacements de corps. Entre les deux étages le son est contenu. Il flotte.
Le battement de cœur reprend, presse le ventre, les voix d’enfants, elles rebondissent dans les oreilles. Echo de ville, battement de cœur de ville. A quel point la ville ondule sous les roues des véhicules qui brassent l’air.
Silence, comme une page blanche.

Engrenage de voix et mélodie mécanique, le rythme se répète, se répercute et percute les murs. A l’intérieur tout est figé, tableaux perchés aux murs, silhouettes amies, collage immobile, l’écoute assise de cette ville humaine qui tourne autour de moi.
Silence, attente.

Encore la pluie, je somnambule dans un ailleurs du dehors vers le dedans, réflexion de sons. Seule dans une foule, rassurée mais perdue. « Vous pensez mur, vous parlez mur …», passage en boucle, perdue dans la boucle. Silence. »

A.E.

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